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19 , Théophile Gautier

Pin

Le Pin des Landes

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Le poème

Le pin saigné pour sa résine, le poète blessé pour son chant : l'arbre de Gautier en artiste.

The pine bled for its resin, the poet wounded for his song: Gautier's tree as artist.

On ne voit en passant par les Landes désertes,Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,Surgir de l’herbe sèche et des flaques d’eaux vertesD’autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Crossing the deserted Landes, that trueFrench Sahara powdered with white sand, you seerising from the dry grass and the pools of green waterno tree but the pine with the wound in its side,

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,L’homme, avare bourreau de la création,Qui ne vit qu’aux dépens de ceux qu’il assassine,Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

for, to steal from it its tears of resin,man, that miserly butcher of creation,who lives only at the cost of those he kills,opens a wide furrow in its aching trunk.

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,Le pin verse son baume et sa sève qui bout,Et se tient toujours droit sur le bord de la route,Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Not grieving for its blood that flows drop by drop,the pine pours out its balm and its boiling sap,and stands forever straight at the edge of the road,like a wounded soldier who would die on his feet.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;Lorsqu’il est sans blessure, il garde son trésor.Il faut qu’il ait au cœur une entaille profondePour épancher ses vers, divines larmes d’or !

So it is with the poet in the Landes of the world;while he bears no wound, he keeps his treasure shut.He must have in his heart one deep gashto pour out his verses, those divine tears of gold!

Le Pin des Landes”, Théophile Gautier (1811–1872)

Les paroles
as sung by the machine

On ne voit en passant par les Landes désertes,Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertesD'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc,

Car, pour lui dérober ses larmes de résine,L'homme, avare bourreau de la création,Qui ne vit qu'aux dépens de ceux qu'il assassine,Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,Le pin verse son baume et sa sève qui bout,Et se tient toujours droit sur le bord de la route,Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.Il faut qu'il ait au coeur une entaille profondePour épancher ses vers, divines larmes d'or !

Notes de studio

  • 01

    Encore un beau poème que je ne connaissais pas. Ayant longtemps vécu sur la côte atlantique de l'Europe, j'ai vu ces arbres saignés pour leur résine – c'est peut-être pour ça que la métaphore m'a touché.

    Another beautiful poem I didn't know. Having long lived on Europe's Atlantic coast, I've seen these trees bled for their resin – maybe that's why the metaphor spoke to me.

  • 02

    L'approche musicale : forger une identité forte à partir de la batterie et des toms – j'avais en tête une sorte de battement de cœur des pins. Étonnamment, c'est sorti comme je l'imaginais après seulement deux générations.

    The musical approach: build a strong identity from the drums and toms – I had in mind a kind of heartbeat of the pines. Surprisingly, it came out just as I'd imagined after only two generations.

Le prompt

dark organic trip hop around 90 BPM, 2025 trip hop, slow dragging groove with uneven swing, textured sub bass with subtle distortion, dusty breakbeat fragments instead of clean drums, wooden percussive hits and muted low toms, granular ambient textures like wind through dry trees, minimal dissonant guitar harmonics processed with tape saturation, restrained but intense female vocal, slightly cracked tone on sustained words, intimate close microphone presence, subtle pitch instability and tape wobble on vocal edges, instrumental chorus built around distorted bowed bass and reversed piano textures, gradual tension build across verses, earthy and resinous atmosphere, bittersweet emotional tone, experimental but controlled, no orchestral strings, no cinematic epic build, cohesive with a dark poetic concept album, feeling of contained pain turning into slow release